Je n’ai pas écrit de tout l’hiver.
Une écriture en hibernation, peut-être.
C’est étrange, quand j’y pense. Moi qui, chaque automne, vante la douceur du cocooning, le réconfort d’un intérieur chaud et enveloppant…
Alors je me demande : ai-je besoin d’écrire au soleil, finalement?
Du chant des cigales, de la lumière, du mouvement?
Peut-être que l’été m’inspire davantage.
Peut-être que certaines saisons ouvrent, pendant que d’autres referment.
Cela dit, je ne peux pas blâmer l’hiver pour mon manque d’inspiration. Peut-être que j’avais tout simplement besoin de ce silence.
Bref. Un léger retour ici, tout en douceur, avec une suggestion lecture pour l’été.

Certains livres nous divertissent. D’autres nous secouent. C’était ça ou mourir fait clairement partie de la deuxième catégorie.
À travers le parcours de Jonas, un homme contraint de fuir Haïti pour sauver sa vie, Thélyson Orélien nous plonge dans une réalité dont on entend souvent parler sans vraiment la comprendre. Ce n’est pas seulement une histoire de migration, c’est une histoire de survie, de courage et d’espoir.
Ce qui m’a frappée, c’est la façon dont l’auteur réussit à montrer toute la violence et l’incertitude du voyage sans jamais faire disparaître l’humanité de ses personnages. Malgré les épreuves, il y a de la place pour l’humour, l’amitié et les rêves.
J’ai particulièrement aimé la poésie qui traverse le roman. Malgré la violence, la peur et l’exil, l’écriture demeure empreinte de beauté. Certaines phrases donnent envie de s’arrêter un instant pour les relire. Cette sensibilité contraste avec la dureté du récit et rend l’expérience de lecture encore plus marquante. La plume de Thélyson Orélien est à la fois délicate et puissante, capable de nous émouvoir sans jamais tomber dans le pathos.
J’ai refermé le livre avec un sentiment étrange, celui d’avoir voyagé très loin tout en prenant conscience d’une réalité qui existe tout près de nous. C’est un roman qui nous rappelle que derrière chaque migrant se cache une histoire, une famille, des peurs et un immense désir de vivre.
Un livre touchant, nécessaire et profondément humain. Son immense succès est amplement mérité.




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