Le mois d’or… ou s’épanouir entre deux coups de blues


Il y a peu de livres et d’articles sur le après. Nous sommes bombardées d’informations sur notre rééducation périnéale et l’allaitement, mais pas sur le après dans notre coeur, dans notre tête. On nous dit que ça ne sera pas évident, que bébé ne sera pas le seul à porter des couches (je n’ai pas eu à le faire, yeah!). Que bébé ne sera pas le seul à pleurer. On nous met vaguement en garde contre la dépression post-partum. Et j’ajouterais à cela qu’il n’y a juste pas de livres traitant du sujet… En pleine pandémie. Donc les beaux conseils de « laissez les gens vous aider »… « Entourez-vous bien »…

J’ai essayé de me préparer mentalement. Mais comment se préparer à l’inconnu. Des fois, en lire trop peut amener un lot d’angoisse dans toute l’anticipation. Je suis tombée sur différents articles qui parlaient justement de ce fameux mois d’or. On y disait de préparer des plats pour les 40 premiers jours. J’ai travaillé jusqu’à 40 semaines, donc disons que je n’ai pas eu le temps… On y disait aussi de rester couchée le plus possible. Je comprends l’importance du repos, mais parfois, bouger fait plus de bien. Dans la limite du possible, selon notre type d’accouchement et de rétablissement, évidemment.

Enceinte, je m’étais promise une chose. Celle de prendre soin de moi et de ne pas négliger ma santé mentale. Être maman demande beaucoup de courage, aller chercher de l’aide aussi. Ma dépression post-partum est arrivée très tôt. Beaucoup de gens ont tendance à minimiser la souffrance. « C’est normal, c’est la fatigue ». « Tout le monde passe par là ». « Ça va passer ». Ces affirmations, bien que tout sauf mal intentionnées, sont dangereuses. Parce que ce n’est pas normal que tout soit noir.

Au début, c’était des vagues. La joie et l’euphorie, l’angoisse et le vertige. Puis un marasme déstabilisant. Il y a eu les épisodes de pleurs. Il y a eu l’absence d’appétit. Rentrer dans ses jeans à la sortie de l’hôpital, c’est cool. Mais après une semaine, être déjà en deçà de mon poids pré grossesse, ça l’est moins. Il y a eu l’insomnie et l’incapacité à m’endormir, même lorsque bébé dormait. Mais surtout, une détresse généralisée. L’impression d’avoir été dénuée de toute joie de vivre. De toute possibilité à m’émerveiller. C’est effrayant. La culpabilité l’est tout autant. Comment passer d’une si grande joie à un si grand vide. Heureusement, avec mes 31 printemps, j’ai acquis un tout petit peu de sagesse. La sagesse de comprendre l’impermanence des choses, d’un état. Cela ne rend pas nécessairement la dépression plus tolérable, mais d’avoir cette petite voix en tête, qui me dit « accroche toi, en demandant de l’aide, cela sera temporaire », c’est rassurant.

Je pourrais me poser mille et une questions, à savoir pourquoi moi. Pourquoi je n’ai pas été assez forte. Ou plutôt l’impression de ne pas avoir été assez forte, puisque ne pas aller bien n’est pas une faiblesse. Pourtant, j’étais très zen. Je savais qu’il y aurait une adaptation et une perte d’équilibre, sans oublier le facteur incontrôlable des hormones, mais pas à ce point. Je n’étais pas à l’abris, malgré mon positivisme. Par contre, je pense que mon attitude globale, ainsi que mon ouverture à demander de l’aide, m’ont permis de passer à travers très rapidement. Je n’ose même pas imaginer les mamans qui endurent cette souffrance pendant une longue période.

En fait, je pense avoir négligé la portion d’équilibre et mon instinct. Je me suis sentie terriblement coupable de ne pas avoir l’impression de m’épanouir en tant que jeune maman. Comme si, je n’appréciais pas assez mes journées, les moments. Qui sont précieux, je suis la première à le dire. Mais vous savez quoi? C’est correct de trouver ça difficile être assise dans le même coin du canapé, jour après jour. Avec bébé au sein, ou bébé dans les bras. Surtout qu’avec ses reflux, les pleurs sont très fréquents. C’est difficile voir son bébé souffrir. Sur le moral, sur le sommeil. D’ailleurs, au départ, je croyais que ses pleurs étaient de ma faute. Avoir un diagnostic et surtout un traitement, est tellement rassurant. D’où l’importance de faire confiance à notre instinct.

Ces moments précieux avec notre fille ne reviendront pas. La difficulté du mois d’or n’enlèvent rien à sa beauté. Il y a un apprivoisement qui se crée. Une confiance qui s’installe. Les larmes coulent à flot et pas seulement celles d’Anna Rose.

C’est une période de transformation, d’adaptation. Ce n’est plus que moi, c’est nous. Et quand on y pense, malgré les difficultés que cela représente, c’est une chance immense. D’avoir peur pour quelqu’un d’autre, d’avoir un amour infini. Doute et culpabilité à mes côtés, toute la journée.

Je suis une maman… Et une femme, une amoureuse, une amie, une artiste. Je suis plurielle. 😉

(Et je vais beaucoup mieux, ne vous inquiétez pas! Je ferai un petit article prochainement à ce sujet!)

À propos

Vanessa, 36 ans. Passionnée par la beauté et ce qui l’entoure.

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