Je parle beaucoup de bienveillance, sur le blog. C’est un thème récurrent et important, pour moi. D’autant plus présentement, où la lassitude et même l’agressivité des gens est palpable. Nous avons besoin de lumière, d’un baume.
C’est un livre qui parle des mercis. Qui parle de fin de vie aussi, d’une façon très lucide. Delphine de Vigan raconte la fin de parcours de Michka, une vieille dame atteinte d’aphasie. Elle perd les mots.
On y croise Marie, sa presque fille adoptive et Jérôme, son orthophoniste. Michka, alors qu’elle perd le langage, cherche à dire un dernier merci. Le merci au couple l’ayant sauvée lors de la deuxième guerre mondiale. L’ultime merci de sa vie.
L’écriture de Delphine de Vigan est belle. Le style est différent de certains de ses romans comme D’après une histoire vraie et Rien ne s’oppose à la nuit, mais elle joue toujours aussi bien avec les mots. Particulièrement dans ce bouquin, avec sa protagoniste qui transforme les mots. Les lapsus sont savoureux et réfléchis.
Les Gratitudes est un court récit touchant, beau et triste à la fois, comme la vie. On sent les blessures, l’humanité des personnages et la peur de perdre les mots, de se perdre.
Les avis semblaient partagés lors de sa sortie en France. On accuse l’auteur de mièvrerie. Je peux comprendre les raisons et le trop plein pour certains lecteurs. Par contre, dans un monde présentement si gris, c’est doux.




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