On entend beaucoup de choses sur la maternité. Les grandes lignes, si on veut. On entend peu parler du côté émotionnel. Les dernières semaines/jours sont si intenses, psychologiquement. Je me sens à la fois dépouillée de mes pensées, mes humeurs, mes émotions… Mais aussi éprise d’une grande force. La grossesse, et libre à chacune de la percevoir à sa façon, est l’occasion de se laisser bercer par l’imprévisible, l’inconnu et d’apprendre.
Même si c’est difficile à croire quand on est dedans, la grossesse a une fin. Des semaines qui filent à une folle allure… Ou pas. Je pense avoir écrit des textes très positifs, ici-même. Ils ont tous été composés avec sincérité. Je n’y ai pas mis de lunettes roses. Peut-être que oui, j’ai décidé de partager le plus beau. Parce que des photos de moi à 7h du mat’, qui vomi son unique gorgée d’eau… Ou des photos de moi, en train de faire ma 4e sieste du jour, pendant le premier trimestre… Sans oublier l’angoisse constante, les doutes aussi. Je suis la première à dire que la grossesse n’est pas idyllique. Ce n’est pas parce que je publie du beau que c’est moins vrai. Ce n’est pas parce que je publie du beau qu’il n’y a pas de laid. De toute façon, qu’est-ce qui est beau, qu’est-ce qui est laid?
C’est correct de ne pas aimer être enceinte. Mais il ne faudrait pas oublier que le contraire est tout aussi correct. C’est presque mal vu, aux yeux de certaines, d’en parler de façon positive. C’est l’espèce d’attitude du « sois heureuse, mais pas trop ». C’est correct de parler des bas. C’est correct de parler des hauts aussi. D’un côté comme de l’autre, cela ne devrait pas être tabou.
Nous avons tous un côté control freak dans nos vies, à différents niveaux. Nous aimons faire les choses, petites et grandes, à notre façon. S’il y bien une chose qu’on ne contrôle pas, c’est bien la grossesse. Le feeling d’être spectatrice de ce qui se passe dans notre corps et notre tête, par moment. Heureusement, je n’avais pas une idée précise en tête que ce qu’allait être ma grossesse. Une chance! Avec une certaine pandémie, disons que cela aurait été encore plus déstabilisant.
J’en vois par moment qui disent: Moi, elle va arriver avant, je le sens. Ou encore, moi je n’aurai pas de péridurale. Moi, je ne sais pas. 9 mois, c’est long et je suis spectatrice du temps qui passe, ce temps impalpable. Je ne contrôle pas les heures, les jours, les dates. Je ne sais pas quand elle arrivera, ni comment elle arrivera. On verra, quand ça arrivera, c’est notre petite fleur qui décide.
L’avenir n’a jamais été aussi flou et c’est bientôt la fin du premier chapitre. Il y a tous les (im)possibles, l’ouragan qu’est cette pandémie qui stagne, mais jamais, je ne me suis sentie aussi reconnaissante. Explorer, me tromper, (re)commencer, me (re)trouver. Je suis plurielle.
Mon impatience prend le dessus, par moment, car je meurs d’envie et d’amour de serrer enfin, cette si petite personne qui aura chamboulé ma vie & qui ne le sait pas encore. Mais laissons le temps au temps.




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