Je vous donne des nouvelles, enfin. Premièrement, je vais bien. Très bien même. Il y a quelque chose d’audacieux dans la joie et le positivisme, non? Et même, j’ajouterais que cela peut être mal perçu. Je comprends tout à fait le besoin d’exprimer des émotions négatives, des moments difficiles. Dire que tout est rose, ou encore pire, faire semblant, est contre productif. Sauf que. Nous ne devrions pas se cacher de notre positivisme. Au contraire, la vie est parfois si difficile. Aussi bien vivre à fond les moments heureux et les partager.
Je ne dis pas que les choses sont parfaites. Je dis plutôt que la perception des choses est importante. J’ai une belle grossesse, je ne peux pas le cacher. Je suis en forme physiquement et psychologiquement. Je suis zen (oui oui). Des petits bobos ici et là, mais j’ai tout de même une petite karaté kid dans le bedon, il y a de quoi chambouler un corps.
Et parlons-en de cette pandémie! Appelons cela de la résilience si on le souhaite, mais personnellement, ce n’est pas difficile. Différent, bien sûr. Je n’aurai pas de shower, je n’ai pas eu de cours avec d’autres mamans, l’accouchement sera différent, nous ne pourrons pas présenter notre petite perle à toute la famille, tous les amis. On aura un bébé en pleine pandémie, on s’adaptera. On abusera de FaceTime. Nous allons hiberner le temps qu’il faut. Allô le mode cocooning. Il y a les craintes et l’angoisse, je ne vous le cacherai pas. Par contre, en étant très prudente, je suis confiante que tout se déroulera bien, en douceur.
Les gens ont cette tendance au pessimisme. Les fameux « tu vas voir »… Et pas que dans la grossesse ou en temps de pandémie! Tu vas voir ceci ou cela. Et vous savez quoI? On ne sait pas. Ni vous, ni moi. Je suis pleine de gratitude d’avoir une grossesse idyllique. Je sais que ce n’est pas le cas de toutes les femmes. Ça ne sera peut-être pas le cas de ma prochaine grossesse, s’il y en a une. Peut-être même que mes 10 dernières semaines, si j’arrive à terme, seront une toute autre histoire. On verra bien.
Il s’agit certainement d’une adaptation physique. Malgré le peu de changement de mon corps (quelques livres et une bedaine assez petite), la réflection dans le miroir est différente. J’aime certains angles, d’autres moins. Mais j’aime ce corps qui porte la vie. J’ai l’audace de dire que je me trouve belle. Pas dans le sens où je me regarderais toute la journée devant un miroir. Belle dans le sens où je suis bien. J’ai toujours trouvé les femmes enceintes magnifiques. J’avais peur de ne pas être capable d’avoir cette vision de moi-même, en toute franchise. Et je ne dis pas que j’aimerai mon corps post-grossesse. J’aurai assurément mes challenges, comme toutes les nouvelles mamans.
La portion plus difficile de cette grossesse fut celle du manque d’inspiration. Est-ce l’effet de la grossesse ou de la Covid? Les deux? Il y a quelque chose de mystique dans l’inspiration. Comme si c’était quelque chose de plus grand que nous, plus grand que le simple moi. Je mentionnais à quelqu’un, tout récemment, à quel point je suis peu inspirée. Un peu de peinture ici et là. Très peu de photographie et une écriture inexistante. Pourtant, cette impression que ça bouillonne en moi. Je compose, je décompose librement. Parfois, il faut la joie de s’arrêter, de faire et de défaire, penser autrement, commencer et recommencer. S’accorder le droit de faire tout cela. Au final, avec cette grossesse, je compose, je me transforme. Créer avec des mots, de la peinture, des tissus ou un appareil photo. Ou mon corps. Ne suis-je pas en train de créer la plus belle de mes oeuvres?
Je ne suis rien, je le sais, mais je compose mon rien avec un petit morceau de tout. -Victor Hugo






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